{"id":147,"date":"2025-09-26T15:56:57","date_gmt":"2025-09-26T15:56:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=147"},"modified":"2025-10-11T18:34:26","modified_gmt":"2025-10-11T18:34:26","slug":"plaisir-ou-jouissance-lexces-est-le-symptome-de-notre-epoque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=147","title":{"rendered":"Plaisir ou jouissance&#8230; L&rsquo;exc\u00e8s est le sympt\u00f4me de notre \u00e9poque"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Le rapport que nous entreprenons avec notre <em>plaisir<\/em> et la place que nous lui accordons fait controverse: bien trop, pas assez? Le segment du plaisir est tiraill\u00e9 entre l&rsquo;asc\u00e9tisme et la jouissance, entre suppression et exc\u00e8s.&nbsp; De la philosophie pratique des sto\u00efciens \u00e0 la pens\u00e9e pascalienne, en passant par les pr\u00e9conisations de Saint Thomas d\u2019Aquin, la place que doit prendre le plaisir dans notre vie questionne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">L\u2019homme d\u00e9sire un objet qui puisse lui procurer satisfaction ; cette satisfaction trouve son apog\u00e9e dans le plaisir, voire dans la jouissance. Pour atteindre cette apoth\u00e9ose jouissive, il produit des objets de plaisir et se sert de l\u2019autre pour parvenir \u00e0 sa fin (ou sa faim?). Pourtant, il n&rsquo;est jamais r\u00e9ellement combl\u00e9 et toujours en redemande de ce sentiment de plaisir presque <em>oc\u00e9anique <\/em><sup data-fn=\"d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9\" class=\"fn\"><a href=\"#d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9\" id=\"d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9-link\">1<\/a><\/sup>. De sorte qu&rsquo;il produit encore plus:&nbsp; son d\u00e9sir et sa jouissance sont insatiables et surtout, il en souffre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Dans cette souffrance due \u00e0 l\u2019insatisfaction, nous sommes le n\u00e9vros\u00e9, le psychotique, le pervers: pi\u00e9g\u00e9s dans l\u2019enfer ali\u00e9nant de l\u2019addiction \u00e0 la jouissance, \u00e0 l\u2019exc\u00e8s du plaisir. Le probl\u00e8me semble \u00eatre celui de la mod\u00e9ration, de la temp\u00e9rance. Pourtant, l\u2019asc\u00e8te, qui ne s\u2019adonne ni \u00e0 la jouissance hors-corps ni aux addictions du monde physique, demeure tout aussi malheureux : il reste prisonnier d\u2019une autre illusion, tout aussi addictive, celle du grand <em>Autre <\/em><sup data-fn=\"6ec11feb-1de2-4fe1-a42d-3cc4c86be260\" class=\"fn\"><a href=\"#6ec11feb-1de2-4fe1-a42d-3cc4c86be260\" id=\"6ec11feb-1de2-4fe1-a42d-3cc4c86be260-link\">2<\/a><\/sup>. L\u2019asc\u00e8te est esclave d&rsquo;une autre puissance tout aussi muette et absente, qui ne r\u00e9pondra jamais \u00e0 sa demande aux allures de v\u0153u. Il est in\u00e9vitablement d\u00e9\u00e7u de par son fanatisme. Comment et o\u00f9 trouver le juste milieu d\u2019un rapport sain au plaisir?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"583\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-1024x583.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-150\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-1024x583.jpg 1024w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-300x171.jpg 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-768x437.jpg 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-1536x874.jpg 1536w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999-1320x751.jpg 1320w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2999.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le Jardin des d\u00e9lices<\/em>, J\u00e9r\u00f4me Bosch, triptyque (1490-1500), Mus\u00e9e du Prado, Madrid.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">La jouissance est l\u2019exc\u00e8s des choses qui permettent la procuration imm\u00e9diate du sentiment de plaisir, on en redemande inlassablement, elle devient nocive. La temp\u00e9rer, c\u2019est la <em>prudence<\/em> des \u00e9picuriens, le <em>juste<\/em> <em>milieu<\/em> d\u2019Aristote. Si nos penseurs nous avertissent sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une temp\u00e9rance de la jouissance, nous en sommes-nous au fait des si\u00e8cles plus tard?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Dans notre monde contemporain capitaliste et consum\u00e9riste, l\u2019homme jouit exponentiellement de ses biens, dans lesquels il inclut l\u2019autre. S\u2019il prend plaisir en quantit\u00e9, il devrait \u00eatre de plus en plus heureux, entour\u00e9 de ses biens jouissifs. Pourtant, on remarque en clinique n\u00e9vrotique une recrudescence de patients anxieux, submerg\u00e9s par un <em>malaise<\/em>. Le probl\u00e8me jouissif persiste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019\u00e9tat capitaliste de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine entra\u00eene un <em>plus-de-jouir<\/em> consum\u00e9riste: produire plus, poss\u00e9der plus, jouir plus, sans fin. Ce n\u2019est qu\u2019illusoire et d\u00e9cevant. Devons-nous arr\u00eater de jouir une bonne fois pour toute pour remettre les pendules du plaisir \u00e0 l\u2019heure?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"674\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-1024x674.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-151\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-1024x674.jpg 1024w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-300x197.jpg 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-768x505.jpg 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-1536x1011.jpg 1536w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-2048x1348.jpg 2048w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2847-1320x869.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le Pays de Cocagne<\/em>, Pieter Brueghel l&rsquo;Ancien, (1567), Alte Pinakothek, Munich<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Nous jouissons d\u2019un objet, d\u2019une chose, d\u2019une pr\u00e9sence, qui nous devient alors un <em>sympt\u00f4me<\/em> de jouissance, elle nous devient elle-m\u00eame d\u00e9sirante, supposant son manque quand elle se fait absente et non combl\u00e9e. Le plaisir inscrit dans un syst\u00e8me capitaliste fait de la jouissance un cercle vicieux. Mais d\u2019o\u00f9 provient cette recherche profonde de plaisir \u00e0 outrance?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">C\u2019est le concept m\u00eame de la <em>pulsion<\/em> freudienne. La pulsion d\u00e9coule d\u2019un premier besoin physiologique cr\u00e9ateur d\u2019une d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019autre: premi\u00e8rement \u00e0 la m\u00e8re, deuxi\u00e8mement \u00e0 l\u2019objet de d\u00e9sir, substitut de la m\u00e8re. La premi\u00e8re satisfaction du besoin cr\u00e9e le premier sentiment de plaisir, une perception endog\u00e8ne que le nourrisson va ressentir. C\u2019est pourquoi la pulsion ou le d\u00e9sir d\u2019un objet s\u2019\u00e9taye d\u2019un premier besoin organique originel. Le besoin d\u2019un plaisir est naturel et biologique, d\u2019ordre pulsionnel, mais la jouissance excessive est une construction, une barri\u00e8re contre autre chose, mais quoi?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">L\u2019homme jouit d\u2019un objet qu\u2019il aura d\u00e9sir\u00e9. Le probl\u00e8me r\u00e9side dans ce qu\u2019il pense \u00eatre l\u2019objet de d\u00e9sir qui ne l\u2019est pas v\u00e9ritablement, qui n\u2019est qu\u2019un substitut au v\u00e9ritable d\u00e9sir. Il ne peut jamais r\u00e9ellement prendre un plaisir satisfaisant avec l\u2019objet-leurre, ce qui le conduit \u00e0 l\u2019exc\u00e8s pour tenter d\u2019\u00eatre rassasi\u00e9. La demande n\u2019est jamais celle que l\u2019on pense \u00eatre et c\u2019est la m\u00eame chose concernant le d\u00e9sir : le d\u00e9sir n\u2019est pas celui que l\u2019on per\u00e7oit \u00e0 tort dans le substitut, il est autre. De par l\u2019insatisfaction qu\u2019il provoque en cha\u00eene, l\u2019objet ne peut qu\u2019engendrer de la jouissance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">La jouissance est ce sentiment que le nourrisson ressent au contact de la m\u00e8re qui r\u00e9pond \u00e0 ses besoins. Ce plaisir <em>extr\u00eame<\/em> et premier est donn\u00e9 par la m\u00e8re (le contact, l\u2019amour, le sein), il sera sans cesse recherch\u00e9 par la suite. Est-ce cela le v\u00e9ritable d\u00e9sir? Le nourrisson est n\u00e9cessairement s\u00e9par\u00e9 du corps de la m\u00e8re et se s\u00e9pare donc de la jouissance qu\u2019elle procure. Ce qui le s\u00e9pare \u2013entre autres\u2013 de cette jouissance est la loi symbolique que le p\u00e8re impose \u00e0 son enfant <em>via<\/em> l\u2019interdit de l\u2019inceste (<em>tu ne peux d\u00e9sirer ta m\u00e8re<\/em>): il instaure une barri\u00e8re entre l\u2019enfant et sa jouissance. L\u2019objet de d\u00e9sir originel n\u2019est plus, il est perdu \u00e0 jamais. Alors comment ne pas lui fa\u00e7onner de substitut qui m\u00e8nerait \u00e0 l\u2019exc\u00e8s?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Le probl\u00e8me de l\u2019homme contemporain c\u2019est qu\u2019il ne diff\u00e9rencie pas le d\u00e9sir de la jouissance. Il ne reconna\u00eet pas que le v\u00e9ritable d\u00e9sir suppose une perte, une limite! Il se heurte aux objets infinis. Il s\u2019agit de jouir de l\u2019objet (<em>objet a<\/em>) \u00e0 tout prix, et cet objet, pris dans un syst\u00e8me capitaliste ali\u00e9nant, n\u2019est plus qu\u2019un simple objet, il devient aussi l\u2019autre (services, mains d\u2019\u0153uvre, <em>etc<\/em>.).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Jouir de l\u2019objet et de son semblable, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que mentionne Sade dans <em>Fran\u00e7ais, encore un effort si vous voulez \u00eatre r\u00e9publicains<\/em>: l\u2019embarras de la mont\u00e9e du capitalisme et la g\u00e9n\u00e9ralisation de la jouissance illimit\u00e9e (sans perte ni limite), de son caract\u00e8re commutable (passer d\u2019un objet \u00e0 un autre). L\u2019\u00e9ternelle jouissance submerge le sujet contemporain et le consum\u00e9risme de masse pose une question profonde. Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">C\u2019est l\u2019\u00e9chec-m\u00eame du pari de Pascal \u00e9nonc\u00e9 dans ses <em>Pens\u00e9es<\/em>:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\"><em>Examinons donc ce point, et disons : \u00ab Dieu est, ou il n&rsquo;est pas. \u00bb Mais de quel c\u00f4t\u00e9 pencherons-nous ? La raison n&rsquo;y peut rien d\u00e9terminer : il y a un chaos infini qui nous s\u00e9pare. Il se joue un jeu, \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 de cette distance infinie, o\u00f9 il arrivera croix ou pile. Que gagerez-vous ? Par raison, vous ne pouvez faire ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre; par raison, vous ne pouvez d\u00e9faire nul des deux. Ne bl\u00e2mez donc pas de fausset\u00e9 ceux qui ont pris un choix ; car vous n&rsquo;en savez rien. \u2014 Non ; mais je les bl\u00e2merai d&rsquo;avoir fait, non ce choix, mais un choix; car, encore que celui qui prend croix et l&rsquo;autre soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier. \u2014 Oui, mais il faut parier ; cela n&rsquo;est pas volontaire, vous \u00eates embarqu\u00e9. Lequel prendrez-vous donc ? Voyons. Puisqu&rsquo;il faut choisir, voyons ce qui vous int\u00e9resse le moins. (&#8230;). Votre raison n&rsquo;est pas plus bless\u00e9e, en choisissant l&rsquo;un que l&rsquo;autre, puisqu&rsquo;il faut n\u00e9cessairement choisir. Voil\u00e0 un point vid\u00e9. Mais votre b\u00e9atitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu&rsquo;il est, sans h\u00e9siter.<\/em><sup data-fn=\"b9542339-9d1c-4663-8d7f-aff395074537\" class=\"fn\"><a href=\"#b9542339-9d1c-4663-8d7f-aff395074537\" id=\"b9542339-9d1c-4663-8d7f-aff395074537-link\">3<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">L\u2019homme contemporain occidental ne croit plus en Dieu (en majorit\u00e9), l\u2019<em>Autre<\/em> qui le rempla\u00e7ait, qui faisait poids dans le pari, est supprim\u00e9, barr\u00e9, il n\u2019y a donc plus de raison de ne pas succomber \u00e0 la jouissance. Dans le capitalisme en croissance de Marx, c\u2019est la renonciation au grand Autre (\u023a) qui suppose la renonciation \u00e0 la jouissance \u00e9ternelle et infinie du paradis divin (ult\u00e9rieure), portant ainsi sa pr\u00e9f\u00e9rence sur l\u2019objet du d\u00e9sir et sur la jouissance finie (instantan\u00e9e) (\u023a suppose -\u221e). Une vie r\u00e9gie par un -\u221e suppose l\u2019imm\u00e9diat, l\u2019instantan\u00e9, l\u2019incessant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Le mal-\u00eatre atteint n\u00e9cessairement un sujet qui ne veut pas renoncer \u00e0 la possession de l\u2019objet ou \u00e0 la jouissance qu\u2019il faut pourtant limiter, \u00e0 laquelle il faut imposer une perte, au risque sinon d\u2019\u00eatre in\u00e9vitablement submerg\u00e9 par l\u2019urgence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Le discours capitaliste s\u2019\u00e9crit A, a,-\u221e: Dieu supprim\u00e9 (\u023a), l\u2019Autre (A) du capitalisme devient l\u2019esclave dont chacun dispose et qui s\u2019apparente maintenant \u00e0 l\u2019<em>objet a<\/em>; le besoin de main d\u2019oeuvre en continu ou du consommateur est exponentiel au besoin d\u2019un objet surproduit et surconsomm\u00e9. L\u2019homme contemporain du capitalisme ne veut pas perdre son <em>objet a<\/em> dont il jouit, ni son Autre qui lui apporte jouissance (la formule du discours capitaliste compris dans un syst\u00e8me continu et infini ne permet aucune perte et s\u2019\u00e9crit \ua7a8\/S1,S2\/a). Cette formule sans limite ne peut \u00eatre que cr\u00e9atrice d\u2019un malaise notoire. Nous devenons Sisyphe faisant rouler \u00e9ternellement notre jouissance dans une \u00e9ternit\u00e9 absurde.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"710\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-1024x710.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-156\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-1024x710.png 1024w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-300x208.png 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-768x533.png 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-1536x1066.png 1536w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe-1320x916.png 1320w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Le_Mythe_de_Sisyphe.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Mythe de Sisyphe, Serge Mazet, 2016.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Remettre en question notre rapport \u00e0 la jouissance est primordial. Et si nous renon\u00e7ions \u00e0 notre d\u00e9sir mat\u00e9rialis\u00e9 pour tenter la rencontre avec notre v\u00e9ritable d\u00e9sir? <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Reprenons le pari de Pascal sous l\u2019angle d\u2019un pari r\u00e9ussi dans lequel il propose ceci: parier sur un +\u221e, un au-del\u00e0 jouissif (le paradis) qui vaudrait toujours mieux. C\u2019est cela l\u2019argument de Pascal pour convaincre les libertins de ne plus \u00eatre esclaves d\u2019une jouissance d\u00e9prav\u00e9e et sans limite de l\u2019objet, source de souffrance perp\u00e9tuelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\"><strong>Pourtant, la conception d\u2019une vie suivant un mod\u00e8le A, 0,+\u221e n\u2019est qu\u2019une seconde forme d\u2019ali\u00e9nation \u00e0 une jouissance infinie diff\u00e9rente. Le -\u221e du consommateur et le +\u221e du croyant sont deux p\u00f4les per\u00e7us <em>dans<\/em> l\u2019Autre et sont v\u00e9cus <em>pour<\/em> l\u2019Autre. Or, penser que l\u2019Autre attend quelque chose et veut quelque chose est une perte de temps; l\u2019Autre ne demande rien et il ne r\u00e9pond jamais. Toute la souffrance de l\u2019homme contemporain tient en son ali\u00e9nation \u00e0 l\u2019Autre, \u00e0 la promesse d\u2019un bonheur individuel. Si cette promesse est demand\u00e9e \u00e0 l\u2019Autre et attendue par l\u2019Autre, alors elle sera toujours d\u00e9ceptive. Barrer l\u2019Autre, c\u2019est l\u00e0 la premi\u00e8re \u00e9tape: il n\u2019y a pas de promesse et il n\u2019y en aura jamais dans ce qui est absent.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\"><em>L&rsquo;\u00e9toffe de toute jouissance confine \u00e0 la souffrance<\/em><sup data-fn=\"4af78829-fbb7-407e-bc05-3795e0748a81\" class=\"fn\"><a href=\"#4af78829-fbb7-407e-bc05-3795e0748a81\" id=\"4af78829-fbb7-407e-bc05-3795e0748a81-link\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Comment perdre cet espoir ? La jouissance originelle r\u00e9side dans la m\u00e8re, laquelle est cat\u00e9goriquement prohib\u00e9e par le p\u00e8re. Transgresser cet interdit incestueux est une trop grosse prise de risque et on pr\u00e9f\u00e9rera l\u2019objet substitut que l\u2019on confond de toute fa\u00e7on. Mais cette confusion peut \u00eatre att\u00e9nu\u00e9e: admettre qu\u2019il n\u2019y a rien dans l\u2019Autre, qu\u2019il n\u2019y aura aucune r\u00e9ponse, aucune satisfaction.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">La psychanalyse aborde cette suppression du grand Autre \u023a par le biais de la suppression-m\u00eame de la figure du psychanalyste comme grand Autre (entendu comme figure d\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure); le psychanalyste ne d\u00e9tient aucune v\u00e9rit\u00e9. C\u2019est une premi\u00e8re \u00e9tape pour replacer sainement son rapport \u00e0 sa jouissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">Accepter reste un temps particuli\u00e8rement difficile. Malgr\u00e9 l\u2019acceptation d\u2019un \u023a, <em>l\u2019objet a<\/em> de d\u00e9sir demeure. Il faut envisager la perte de ce leurre jouissif. Perdre <em>l\u2019objet a, <\/em>supprimer l\u2019Autre \u023a&#8230; C\u2019est se trouver face au vide total.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"730\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2850-1024x730.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-149\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2850-1024x730.jpg 1024w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2850-300x214.jpg 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2850-768x548.jpg 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/IMG_2850.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Saint J\u00e9r\u00f4me \u00e9crivant, Le Caravage, (1605-1606), Galerie Borgh\u00e8se, Rome.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">C\u2019est un nouveau pari pascalien qui s\u2019offre \u00e0 l\u2019homme contemporain, celui de parier sans gain ni r\u00e9compense, sans <em>objet a <\/em>ni d\u2019Autre. Il est douloureux et laborieux d\u2019envisager le renoncement \u00e0 la jouissance si bien donn\u00e9e, c\u2019est pourtant un moment n\u00e9cessaire pour d\u00e9passer le mal-\u00eatre ou<em> le malaise de la civilisation<\/em>. \u00c0 noter que Lacan nomme ceux qui se d\u00e9font de l\u2019objet sans crainte les \u00ab p\u00e9p\u00e8res \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence au <em>nom-du-p\u00e8re<\/em><sup data-fn=\"0470a3ca-7ed8-46a1-bb5f-feb102312ccc\" class=\"fn\"><a href=\"#0470a3ca-7ed8-46a1-bb5f-feb102312ccc\" id=\"0470a3ca-7ed8-46a1-bb5f-feb102312ccc-link\">5<\/a><\/sup>; ce sont les sages, ceux qui, \u00e0 l\u2019\u00e9gard des sto\u00efciens, ne d\u00e9pendent pas de l\u2019objet et sont d\u00e9tach\u00e9s de la jouissance qu\u2019il procure, ils ne sont plus esclaves de l\u2019objet ch\u00e9ri, de la r\u00e9tention \u00e0 tout prix d\u2019un plus-de-jouir et de la souffrance par insatisfaction qu\u2019elle engendre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\">L\u2019homme contemporain peut trouver la paix dans sa qu\u00eate de jouissance dans une conception de la vie suivant \u023a, -a, 0: l\u2019Autre est supprim\u00e9, l\u2019objet perdu. Il n\u2019y a plus d\u2019attente, qu\u2019acceptation et rencontre de soi \u00e0 travers un in\u00e9luctable manque. Cette \u00ab&nbsp;bonne norme&nbsp;\u00bb r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment en l\u2019acceptation d\u2019une premi\u00e8re jouissance r\u00e9volue.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"802\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/picasso_deux-femmes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-157\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/picasso_deux-femmes.jpg 1000w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/picasso_deux-femmes-300x241.jpg 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/picasso_deux-femmes-768x616.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Deux femmes courant sur la plage, Pablo Picasso, (1922), Mus\u00e9e national Picasso, Paris.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<ol style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.8\" class=\"wp-block-footnotes has-medium-font-size\"><li id=\"d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9\">Nous faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la notion de \u00ab\u00a0sentiment oc\u00e9anique\u00a0\u00bb d\u00e9crite par l&rsquo;\u00e9crivain Romain Rolland \u00e0 Sigmund Freud dans une lettre du 5 d\u00e9cembre 1927 : <em>\u00ab\u00a0Mais j&rsquo;aurais aim\u00e9 \u00e0 vous voir faire l&rsquo;analyse du sentiment religieux spontan\u00e9 ou, plus exactement, de la sensation religieuse qui est [\u2026] le fait simple et direct de la sensation de l&rsquo;\u00e9ternel (qui peut tr\u00e8s bien n&rsquo;\u00eatre pas \u00e9ternel, mais simplement sans bornes perceptibles, et comme oc\u00e9anique)\u00a0\u00bb<\/em>  <a href=\"#d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"6ec11feb-1de2-4fe1-a42d-3cc4c86be260\">Jacques Lacan nomme le grand Autre cet entit\u00e9 symbolique d\u00e9terminante qui repr\u00e9sente ce qui n&rsquo;est pas soi, qui est ext\u00e9rieur au sujet, tr\u00e8s souvent confondu avec autrui (<em>petit autre<\/em> ou <em>objet a<\/em>). Ce concept lacanien peut \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de Dieu, d&rsquo;inconscient, de langage ou encore de l\u00e9gislateur; il est une forme structurante et matricielle donn\u00e9e \u00e0 partir du langage et de la collectivit\u00e9.   <a href=\"#6ec11feb-1de2-4fe1-a42d-3cc4c86be260-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"b9542339-9d1c-4663-8d7f-aff395074537\">Blaise Pascal, <em>Pens\u00e9es<\/em>, fragment 397, \u00e9dition Le Guern. <a href=\"#b9542339-9d1c-4663-8d7f-aff395074537-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"4af78829-fbb7-407e-bc05-3795e0748a81\">Jacques Lacan, <em>Le S\u00e9minaire XVIII<\/em>, D\u2019un discours qui ne serait pas du semblant, Editions du Seuil. <a href=\"#4af78829-fbb7-407e-bc05-3795e0748a81-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 4\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"0470a3ca-7ed8-46a1-bb5f-feb102312ccc\">Jacques Lacan nomme Nom-du-P\u00e8re la loi symbolique et l\u00e9gislatrice, \u00e9tape n\u00e9cessaire castratrice du d\u00e9veloppement d&rsquo;un sujet. La figure d&rsquo;autorit\u00e9 symbolique que prend g\u00e9n\u00e9ralement le p\u00e8re dans la r\u00e9alit\u00e9 vient interdire et limiter les acc\u00e8s de jouissance de l&rsquo;enfant. Le Nom-du-p\u00e8re introduit l&rsquo;interdit de l&rsquo;inceste mais \u00e9galement celle du meurtre et d&rsquo;autres. Oedipe, qui est all\u00e9 au-del\u00e0 de cette loi symbolique, s&rsquo;en est crev\u00e9 les yeux&#8230;   <a href=\"#0470a3ca-7ed8-46a1-bb5f-feb102312ccc-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 5\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>\n\n\n<div class=\"wp-block-comments\">\t<div id=\"respond\" class=\"comment-respond wp-block-post-comments-form\">\n\t\t<h3 id=\"reply-title\" class=\"comment-reply-title\">Laisser un commentaire <small><a rel=\"nofollow\" id=\"cancel-comment-reply-link\" href=\"\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fposts%2F147#respond\" style=\"display:none;\">Annuler la r\u00e9ponse<\/a><\/small><\/h3><form action=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-comments-post.php\" method=\"post\" id=\"commentform\" class=\"comment-form\"><p class=\"comment-notes\"><span id=\"email-notes\">Votre adresse e-mail ne sera pas publi\u00e9e.<\/span> <span class=\"required-field-message\">Les champs obligatoires sont indiqu\u00e9s avec <span class=\"required\">*<\/span><\/span><\/p><p class=\"comment-form-comment\"><label for=\"comment\">Commentaire <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <textarea autocomplete=\"new-password\"  id=\"b1d690b014\"  name=\"b1d690b014\"   cols=\"45\" rows=\"8\" maxlength=\"65525\" required><\/textarea><textarea id=\"comment\" aria-label=\"hp-comment\" aria-hidden=\"true\" name=\"comment\" autocomplete=\"new-password\" style=\"padding:0 !important;clip:rect(1px, 1px, 1px, 1px) !important;position:absolute !important;white-space:nowrap !important;height:1px !important;width:1px !important;overflow:hidden !important;\" tabindex=\"-1\"><\/textarea><script data-noptimize>document.getElementById(\"comment\").setAttribute( \"id\", \"a40e7f9a0cb8fe117416b95d9310549f\" );document.getElementById(\"b1d690b014\").setAttribute( \"id\", \"comment\" );<\/script><\/p><p class=\"comment-form-author\"><label for=\"author\">Nom <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <input id=\"author\" name=\"author\" type=\"text\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"245\" autocomplete=\"name\" required \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-email\"><label for=\"email\">E-mail <span class=\"required\">*<\/span><\/label> <input id=\"email\" name=\"email\" type=\"email\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"100\" aria-describedby=\"email-notes\" autocomplete=\"email\" required \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-url\"><label for=\"url\">Site web<\/label> <input id=\"url\" name=\"url\" type=\"url\" value=\"\" size=\"30\" maxlength=\"200\" autocomplete=\"url\" \/><\/p>\n<p class=\"comment-form-cookies-consent\"><input id=\"wp-comment-cookies-consent\" name=\"wp-comment-cookies-consent\" type=\"checkbox\" value=\"yes\" \/> <label for=\"wp-comment-cookies-consent\">Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site dans le navigateur pour mon prochain commentaire.<\/label><\/p>\n<p class=\"form-submit wp-block-button\"><input name=\"submit\" type=\"submit\" id=\"submit\" class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" value=\"Laisser un commentaire\" \/> <input type='hidden' name='comment_post_ID' value='147' id='comment_post_ID' \/>\n<input type='hidden' name='comment_parent' id='comment_parent' value='0' \/>\n<\/p><p style=\"display: none !important;\" class=\"akismet-fields-container\" data-prefix=\"ak_\"><label>&#916;<textarea name=\"ak_hp_textarea\" cols=\"45\" rows=\"8\" maxlength=\"100\"><\/textarea><\/label><input type=\"hidden\" id=\"ak_js_1\" name=\"ak_js\" value=\"169\"\/><script>document.getElementById( \"ak_js_1\" ).setAttribute( \"value\", ( new Date() ).getTime() );<\/script><\/p><\/form>\t<\/div><!-- #respond -->\n\t<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le rapport que nous entreprenons avec notre plaisir et la place que nous lui accordons fait controverse: bien trop, pas assez? Le segment du plaisir est tiraill\u00e9 entre l&rsquo;asc\u00e9tisme et la jouissance, entre suppression et exc\u00e8s.&nbsp; De la philosophie pratique des sto\u00efciens \u00e0 la pens\u00e9e pascalienne, en passant par les pr\u00e9conisations de Saint Thomas d\u2019Aquin, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":152,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"[{\"content\":\"Nous faisons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la notion de \\\"sentiment oc\u00e9anique\\\" d\u00e9crite par l'\u00e9crivain Romain Rolland \u00e0 Sigmund Freud dans une lettre du 5 d\u00e9cembre 1927 : <em>\\\"Mais j'aurais aim\u00e9 \u00e0 vous voir faire l'analyse du sentiment religieux spontan\u00e9 ou, plus exactement, de la sensation religieuse qui est [\u2026] le fait simple et direct de la sensation de l'\u00e9ternel (qui peut tr\u00e8s bien n'\u00eatre pas \u00e9ternel, mais simplement sans bornes perceptibles, et comme oc\u00e9anique)\\\"<\/em> \",\"id\":\"d7b664f0-7586-4587-9c0f-046891cbabf9\"},{\"content\":\"Jacques Lacan nomme le grand Autre cet entit\u00e9 symbolique d\u00e9terminante qui repr\u00e9sente ce qui n'est pas soi, qui est ext\u00e9rieur au sujet, tr\u00e8s souvent confondu avec autrui (<em>petit autre<\/em> ou <em>objet a<\/em>). 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