{"id":294,"date":"2026-05-06T19:38:51","date_gmt":"2026-05-06T19:38:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294"},"modified":"2026-05-06T19:38:51","modified_gmt":"2026-05-06T19:38:51","slug":"cas-de-psychose-lacanienne-explication","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294","title":{"rendered":"Cas de psychose lacanienne (explication)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">A propos de l&rsquo;annexe 2, Entretien de Jacques Lacan avec G\u00e9rard Lumeroy, (12\/02\/1976) p. 381-413.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Ce cas clinique, pr\u00e9sent\u00e9 par Jacques Lacan, met en \u00e9vidence une structure psychotique \u00e0 travers des troubles fondamentaux du rapport au langage et au r\u00e9el. Tr\u00e8s lacanien, ce cas d\u00e9montre parfaitement que la psychose est une pathologie du signifiant avant d\u2019\u00eatre une pathologie du sens.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">\u201c<em>Je n\u2019arrive pas \u00e0 me cerner<\/em>\u201d dit le patient \u00e0 Lacan. Il parle de \u201c<em>disjonction<\/em>\u201d: du langage en g\u00e9n\u00e9ral et entre les r\u00eaves et la r\u00e9alit\u00e9. Le monde de l\u2019imagination et le monde r\u00e9el semblent \u00eatre m\u00e9lang\u00e9s entre eux. Le patient parle d\u2019un \u00e9coulement progressif dans son imagination.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">Lacan interroge alors: est-ce que le langage est impos\u00e9 \u00e0 lui? Le patient r\u00e9pond que oui, que c\u2019est de l\u2019ordre de \u201c<em>l\u2019\u00e9mergence<\/em>\u201d et qu\u2019elles ne sont pas r\u00e9fl\u00e9chies, qu\u2019elles n\u2019ont donc pas de signification ni de sens. Il \u00e9voque la manipulation. Il n\u2019arrive pas \u00e0 savoir d\u2019o\u00f9 proviennent ces id\u00e9es, ces phrases irrationnelles et intrusives. Sa r\u00e9action face \u00e0 \u00e7a, cette fois-ci r\u00e9fl\u00e9chie, est la pens\u00e9e de sa propre folie, face \u00e0 laquelle, par exemple, \u201c<em>X est gentil<\/em>\u201d est une pens\u00e9e impos\u00e9e, mais le patient, dans sa r\u00e9flexion rationnelle, se positionne lui-m\u00eame alors comme fou en cons\u00e9quence de l\u2019intrusion de l\u2019autre pens\u00e9e impos\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Cette exp\u00e9rience t\u00e9moigne d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019automatisme mental, caract\u00e9ristique de la psychose, o\u00f9 le sujet ne se reconna\u00eet plus comme l\u2019auteur de ses propres pens\u00e9es. Dans la perspective lacanienne, cela correspond \u00e0 une intrusion du signifiant dans le r\u00e9el, non m\u00e9diatis\u00e9e par le symbolique. Le patient manifeste \u00e9galement un clivage dans son rapport \u00e0 la parole. Il distingue les phrases impos\u00e9es, qu\u2019il subit, de certaines formulations r\u00e9flexives comme \u00ab <em>moi je suis fou<\/em> \u00bb, qui traduisent une tentative de r\u00e9unification subjective. Toutefois, cette tentative reste fragile, car le sujet demeure envahi par des \u00e9nonc\u00e9s qu\u2019il ne peut int\u00e9grer.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:2px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"637\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09-1024x637.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-296\" style=\"aspect-ratio:1.5081104778605874;width:552px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09-1024x637.png 1024w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09-300x187.png 300w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09-768x478.png 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09-1320x821.png 1320w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture-decran-2026-05-06-a-21.32.09.png 1412w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Odilon Redon, La Cellule d\u2019Or, 1893 et Le R\u00eave, 1905<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">Apr\u00e8s questionnement de Lacan, les pens\u00e9es sont des voix, le patient les entend et elles oscillent entre une phase admirative de l\u2019autre: tout le monde est gentil, beau, <em>etc<\/em>., et une phase agressive: il va me tuer, c\u2019est un assassinat, <em>etc<\/em>., une phase \u00e0 tonalit\u00e9 parano\u00efaque. Ces deux phases \u00e9mergentes sont la cons\u00e9quence d\u2019apr\u00e8s le patient d\u2019un d\u00e9lire parano\u00efde survenu en 1974, diagnostiqu\u00e9 par son m\u00e9decin dont il ressentait une forte moquerie. Face aux questions de Lacan, le patient semble confus, il dit avoir peur de se tromper et pourtant, il dit \u00eatre certain de la disjonction qui s\u2019op\u00e8re entre son monde imaginaire et le monde r\u00e9el qui, pourtant \u00e9galement, semble s\u2019\u00eatre m\u00e9lang\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Il y a une forte d\u00e9sorganisation du rapport entre r\u00e9alit\u00e9 et imaginaire. Le patient \u00e9voque une disjonction entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, allant jusqu\u2019\u00e0 leur attribuer une forme d\u2019\u00e9quivalence: paradoxal. Cette indistinction traduit une d\u00e9faillance de la fonction symbolique, qui, en temps normal, permet de structurer et hi\u00e9rarchiser les registres du r\u00e9el, de l\u2019imaginaire et du symbolique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">Il revient alors sur l\u2019importance qu\u2019il porte lui-m\u00eame au langage: \u201c<em>toute parole a force de loi<\/em>\u201d, la pression langagi\u00e8re semble lui imposer une n\u00e9cessaire v\u00e9rit\u00e9 \u2013ou du moins\u2013, une rationalit\u00e9 dans tout ce qu\u2019il a et aura \u00e0 dire: \u201c<em>toute parole est signifiante<\/em>\u201d. Lacan s\u2019arr\u00eate sur cette phrase. Le patient n\u2019est alors plus s\u00fbr que r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9 soient aussi disjoints que ce qu\u2019il en disait auparavant. Il dit trouver \u201c<em>le centre<\/em>\u201d de lui-m\u00eame dans le monde du r\u00eave, celui qui est construit par l\u2019imagination, ceci car il est au centre de son monde imaginaire, sa parole v\u00e9ritable semble \u00eatre le centre de ce monde, ce qui n\u2019est pas le cas dans le monde r\u00e9el. La diff\u00e9rence se fait: le monde imaginaire est un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il ex\u00e9cute et met en sc\u00e8ne tandis que dans le monde r\u00e9el il n\u2019occupe qu\u2019une simple fonction ordonn\u00e9e: \u201c<em>J\u2019\u00e9tais le centre solitaire d&rsquo;un cercle solitaire<\/em>\u201d reprenant Novalis s\u2019agissant de son monde des r\u00eaves. C\u2019est-\u00e0-dire que la simple forme fonctionnelle qui prend sa parole dans le monde r\u00e9el n\u2019est pas v\u00e9ritable, la vraie parole, celle qui se fait rare, c\u2019est celle qui s\u2019exprime par son centre, exprimable seulement dans son imagination de laquelle il se fait Dieu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Le rapport au langage est profond\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9. Le patient joue avec les signifiants, morcelle son nom, et \u00e9tablit des associations sonores. Toutefois, contrairement \u00e0 une activit\u00e9 cr\u00e9ative ma\u00eetris\u00e9e (il se dit po\u00e8te), ce travail sur le langage appara\u00eet ici subi et envahissant. Cela illustre une autonomie du signifiant, qui se d\u00e9tache de la signification et \u00e9chappe au contr\u00f4le du sujet. Certaines phrases impos\u00e9es comme \u00ab <em>vous avez tu\u00e9 l\u2019oiseau bleu <\/em>\u00bb, t\u00e9moignent de l\u2019irruption d\u2019un signifiant de violence non \u00e9labor\u00e9. Cette \u00e9mergence brute, sans inscription dans une cha\u00eene signifiante stabilis\u00e9e, renvoie \u00e0 un r\u00e9el non symbolis\u00e9, o\u00f9 la question de la destructivit\u00e9 appara\u00eet sans m\u00e9diation fantasmatique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">Est-il la proie de ce r\u00eave? questionne Lacan. La question l\u2019angoisse et il est tout \u00e0 coup fatigu\u00e9. L\u2019angoisse est relationnelle: Lacan lui fait peur de par sa notori\u00e9t\u00e9. Il poursuit sur une d\u00e9ception sentimentale ant\u00e9rieure qui a \u00e9t\u00e9 le premier d\u00e9clencheur d\u2019une d\u00e9pression nerveuse. Il encha\u00eene sur sa m\u00e8re: anxieuse, profond\u00e9ment contagieuse de cette anxi\u00e9t\u00e9 comme un \u201c<em>virus<\/em>\u201d, hypersensible, provoquant, lors de disputes avec le p\u00e8re, une ambiance latente anxiog\u00e8ne qui, du fait dit-il, le caract\u00e9rise. Il explique d\u2019ailleurs ses attirances physiques par la rigidit\u00e9 de son p\u00e8re duquel il \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9fractaire, il voulait \u201c<em>outrepasser<\/em>\u201d les conseils de celui-ci. Le patient revient sur son complexe, sexuel, mais pas que, \u00e9galement relationnel, il se sent rejet\u00e9: peur de parler, peur du social, expliquant ainsi sa g\u00eane de parler avec Lacan.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>D\u2019un point de vue structural, ce cas s\u2019\u00e9claire par le concept de forclusion du Nom-du-P\u00e8re, central dans l\u2019enseignement de Jacques Lacan. Le signifiant fondamental qui permet l\u2019inscription du sujet dans l\u2019ordre symbolique fait d\u00e9faut. En cons\u00e9quence, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 symbolis\u00e9 revient dans le r\u00e9el sous forme de ph\u00e9nom\u00e8nes hallucinatoires ou d\u2019\u00e9nonc\u00e9s \u00e9nigmatiques impos\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">S\u2019en suit une r\u00e9flexion du patient qu\u2019il avoue \u00e0 Lacan avec g\u00eane: la disjonction entre le corps et l\u2019esprit: \u201c<em>Je disais, quel est le moment o\u00f9 le corps rentre dans l&rsquo;esprit, o\u00f9 l&rsquo;esprit rentre dans le corps ? Je ne sais pas.<\/em>\u201d La question du rapport entre le charnel et le spirituel semble profond\u00e9ment l\u2019inqui\u00e9ter car il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse r\u00e9elle: tant de myst\u00e8res sur la pens\u00e9e qui investit le corps qui ne sont pas r\u00e9solus, ce que souligne Lacan. En po\u00e8te et gr\u00e2ce au langage, il semble parvenir \u00e0 construire une sorte de pont de substitution qui r\u00e9pond un temps \u00e0 la disjonction incernable du rapport corps-esprit. Demandons: pourquoi le langage r\u00e9ussi \u00e0 faire pont-subterfuge? Le patient dit que la parole est la forme que l\u2019intelligence prend pour s\u2019ext\u00e9rioriser. \u201c<em>L\u2019intelligence, c\u2019est l\u2019usage de la parole?<\/em>\u201d r\u00e9torque Lacan. Pas tout \u00e0 fait, le patient n\u2019omet pas l\u2019intelligence intuitive qui ne parle pas. Justement, il se trouve \u00eatre tr\u00e8s intuitif, et ce manque de logistique et de traduction possible de l\u2019intelligence intuitive semble poser probl\u00e8me: c\u2019est la demande d\u2019une logique absolue face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019intuition et de l\u2019\u00e9motion qui ne se traduisent pas qu\u2019en parole.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Cela traduit une difficult\u00e9 fondamentale \u00e0 articuler corps et pens\u00e9e. Dans la perspective de Jacques Lacan, cela renvoie \u00e0 un d\u00e9faut de nouage entre le symbolique, l\u2019imaginaire et le r\u00e9el: le corps n\u2019est plus spontan\u00e9ment unifi\u00e9 ni m\u00e9diatis\u00e9 par le langage, il devient \u00e9nigmatique et probl\u00e9matique. Le patient tente d\u2019utiliser la parole comme un pont pour traduire une \u201cintelligence intuitive\u201d, mais il se heurte \u00e0 une part d\u2019exp\u00e9rience qui \u00e9chappe \u00e0 toute mise en mots. Le langage ne structure pas compl\u00e8tement son v\u00e9cu, ce qui est caract\u00e9ristique de la psychose.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:3px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"781\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290-781x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-295\" style=\"aspect-ratio:0.7627071670084807;width:420px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290-781x1024.jpeg 781w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290-229x300.jpeg 229w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290-768x1007.jpeg 768w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290-1172x1536.jpeg 1172w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/0160414001508991290.jpeg 1297w\" sizes=\"auto, (max-width: 781px) 100vw, 781px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Eva Veneg, Entre R\u00eave et r\u00e9alit\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\">Lacan \u00e9voque l\u2019image de la beaut\u00e9, plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019id\u00e9e du beau qui semble tenir \u00e0 c\u0153ur au patient. Le patient se trouve beau. Il explique que dans le monde du r\u00eave, le beau ne se repr\u00e9sente qu\u2019\u00e0 partir de l\u2019aspect physique. Une personne belle pour lui c\u2019est une personne avec une \u201c<em>luminosit\u00e9<\/em>\u201d dans le visage, une dimension physique qui \u201c<em>irradie<\/em>\u201d d\u00fbe \u00e0 l\u2019onde que propage l\u2019intelligence \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur; elle est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 l\u2019intelligence sensible. La personne \u00e0 l\u2019origine de sa d\u00e9ception sentimentale irradiait. De sorte que le patient est autant attir\u00e9 physiquement par les femmes que par les hommes car tout tient \u00e0 l\u2019expression de cette intelligence sensible.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-style:normal;font-weight:200;line-height:1.7\"><strong>Sa conception du beau comme \u201c<em>irradiation<\/em>\u201d montre que ce qui est en jeu n\u2019est pas seulement esth\u00e9tique, mais une perception directe d\u2019une intensit\u00e9 qui \u00e9mane du corps. On peut y lire une manifestation de la jouissance, qui, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre symbolis\u00e9e, d\u00e9borde et se donne \u00e0 percevoir dans le r\u00e9el: elle \u201c<em>flue<\/em>\u201d. Son attirance indiff\u00e9renci\u00e9e pour les hommes et les femmes indique que le d\u00e9sir est justement orient\u00e9 par cette intensit\u00e9 per\u00e7ue. L\u2019ensemble s\u2019\u00e9claire par la forclusion du Nom-du-P\u00e8re : le symbolique ne joue pas pleinement son r\u00f4le, ce qui entra\u00eene un rapport au corps, au langage et au d\u00e9sir profond\u00e9ment remani\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:3px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"746\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/lune_marc_chagall_4166.jpeg-746x1024.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-299\" style=\"aspect-ratio:0.7285177276176694;width:461px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/lune_marc_chagall_4166.jpeg-746x1024.webp 746w, https:\/\/www.elisalevacher.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/lune_marc_chagall_4166.jpeg-219x300.webp 219w, 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class=\"wp-block-comments-title\">2 r\u00e9ponses \u00e0  \u00ab\u00a0Cas de psychose lacanienne (explication)\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n<ol class=\"wp-block-comment-template\"><li id=\"comment-12\" class=\"comment even thread-even depth-1\">\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-794e3cfa wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:40px\"><div class=\"wp-block-avatar\"><img alt='Avatar de Vanden Dolly' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f0d0a91101dec887ec9033d70abc017462324ab2843b2ca997b9ddf737d882ac?s=40&#038;d=mm&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/f0d0a91101dec887ec9033d70abc017462324ab2843b2ca997b9ddf737d882ac?s=80&#038;d=mm&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-40 photo wp-block-avatar__image' height='40' width='40'  style=\"border-radius:20px;\"\/><\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-comment-author-name has-small-font-size\">Vanden Dolly<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2026-05-07T21:26:55+00:00\"><a href=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294#comment-12\">mai 7, 2026<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>F\u00e9licitations ma ch\u00e9rie m\u00eame si je ne comprends pas tout !<br \/>\nMamounette <\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-link\" href=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294&#038;replytocom=12#respond\" data-commentid=\"12\" data-postid=\"294\" data-belowelement=\"comment-12\" data-respondelement=\"respond\" data-replyto=\"R\u00e9pondre \u00e0 Vanden Dolly\" aria-label=\"R\u00e9pondre \u00e0 Vanden 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Ravoteur<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flex wp-block-group-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px\"><div class=\"wp-block-comment-date has-small-font-size\"><time datetime=\"2026-05-08T21:50:53+00:00\"><a href=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294#comment-13\">mai 8, 2026<\/a><\/time><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-comment-content\"><p>int\u00e9ressant  forclusion  du nom du p\u00e8re \u00e0 \u00e9claircir pour moi<\/p>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-comment-reply-link has-small-font-size\"><a rel=\"nofollow\" class=\"comment-reply-link\" href=\"https:\/\/www.elisalevacher.fr\/?p=294&#038;replytocom=13#respond\" data-commentid=\"13\" data-postid=\"294\" data-belowelement=\"comment-13\" data-respondelement=\"respond\" data-replyto=\"R\u00e9pondre \u00e0 Solange Ravoteur\" aria-label=\"R\u00e9pondre \u00e0 Solange Ravoteur\">R\u00e9pondre<\/a><\/div><\/div>\n<\/div>\n\n<\/li><\/ol>\n\n\n\n\t<div id=\"respond\" 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Ce cas clinique, pr\u00e9sent\u00e9 par Jacques Lacan, met en \u00e9vidence une structure psychotique \u00e0 travers des troubles fondamentaux du rapport au langage et au r\u00e9el. 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